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25.03.2008

poubelle

1801200821.JPGParfois, on ne réalise pas la chance qu'on a de vivre dans un immeuble de banlieue ou les cafards crapahutent via les vide ordures.

 

Ancrée à mon bitume, j'ai ainsi passé la plus grande partie de ma vie à ignorer ce que les gens des campagnes endurent en matière de poubelle.

 

Ne riez pas.  Pour moi avant, "sortir la poubelle" avait un petit côté exotique. Un truc qu'on voit dans les films. [un peu comme manger de la bouffe chinoise dans des boites en cartons, trouver sa bouteille de lait à la porte le matin, ou soulever sa bow window pour faire le mur la nuit.

Voyez-je-veux-dire?]

 

En bonne fille de la ville, j'avais toujours connu les vides ordures. Dans des immeubles citoyens, il y avait en plus de jolies poubelles de toutes les couleurs pour jeter sa bouteille de woolite ou de pinard, à toute heure.

 

Tout ça, c'est fini. 



Aujourd'hui, je suis maître chez moi. Et maîtresse de mes poubelles aussi. La vie est navrante.

Je n'ai plus de vide ordure, plus de gardienne qui met des notes explicatives pour savoir ou-comment-quand-qu'il-faut-mettre-les-trucs...

 

Pfff, ben croyez moi quand vous vivez dans un tout petit bled paumé (et pluvieux), c'est tendu. C'est super précis le truc.

 

Y'a des jours spéciaux :

Lundi, mercredi et vendredi.  (Pis, jeudi pour les poubelles bleues, et vendredi pour les poubelles jaunes.)

 

Genre, si tu te loupes avec ton petit sac poubelle, faut attendre 2 jours. Je sais pas vous, mais moi, j'aime moyen faire macérer mes poubelles 2 jours.

Au début, j'ai bien sur louvoyé en descendant mes poubelles et attendant que le bon jour arrive. 

Au début seulement... les bêtes à quatre pattes adoooorent faire des expéditions punitives et en mettre partout.  C'est super déstabilisant de retrouver ses poubelles partout dans la rue, on a l'impression d'être à poil. (et que toute la ville entière sait que vous vous nourrissez de nouilles chinoises, de danettes allégées; et que vous laissez pourrir vos légumes sans les manger (sans que les chiens non plus ne les mangent d'ailleurs ces salopiauds).

 

Y'a des heures spéciales

Plus chiant encore  : tes sacs poubelles, faut les sortir le soir, pas le matin à 6 heures quand tu pars travailler (sinon, y'a une mémère voisine qui rale  "y'a des heures pour sortiiiiir les poubelles Mademoiselle, c'est la loi, c'est écrit à la mairiiiiie   :-(). 

Moment de bonheur intense quand tu es en pyjaja, prête à sombrer dans les bras d'Ugly Betty, et que tu te souviens qu'il faut sortir la chose (que tu as déjà oublié de sortir 2 fois).

Surtout quand il fait -15 et qu'il pleut.

[Ai-je déjà dit qu'il pleut tout le temps dans ce foutu pays? c'est pour ça que l'herbe y est verte, que les vaches s'éclatent, et que c'est le pays du beurre ... CQFD]




Y'a des choses interdites.

Pas la peine de descendre tes pots de peinture vides. Si toi tu ne l'as pas, les éboueurs ont une conscience écolo  EUX. Ils vont gentiment le laisser sur le trottoir jusqu'à ce que tu comprennes que tu dois être un citoyen responsable et que tu dois aller jeter ton seau à la déchetterie (ou sinon tu attends le bon jour... 2 fois par an)

 

 

Ajoutez à ça les sacs de couleurs (à aller chercher à la Mairie, -quand elle est ouverte, soit entre 9.30 et 11.15am, les jours pairs), les endroits spéciaux (le trottoir côté ombre sinon mémère râle), les trucs susceptibles de plaire aux chiens errants à bien ficeler et planquer (ça marche jamais d'ailleurs)...



 

Non, franchement, la vie est navrante.

 

(A Marseille au moins, tu fais ce que tu veux, quand tu veux, c'est l'anarchie la plus complète.  En plus, il pleut pas.)

 

03.03.2008

Mon royaume pour un poivron

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Le coach est sympa, c'est même une perle dans son genre, mais il a parfois une drôle d'idée sur la façon de me rendre heureuse.

 

J'explique.

 

 

Hier, il m'appelle, euphorique (quand on vit dans le sud, et qu'on est en tee-shirt au mois de mars, on peut être euphorique...)

 

- "tu vas t'éclater, je t'ai acheté des graines"

- ...

un ange passe.

Je cherche la finesse de la blague, le jeu de mot subtil, la galéjade marseillaise. Rien.

 

 - Des graines?

- Vi, je t'ai pris des petits poivrons marseillais, des pommes de terre, des cebettes, des tomates, du basilic, des radis...

 

Tout à coup, je me souviens. J'ai du dire, un jour, que je me languissais de manger des petits poivrons marseillais, que rien ne valait les tomates du jardin...

En disant ça, je pensais naïvement que, les beaux jours revenant, nous irions main dans la main faire le marché le dimanche matin...  Moi, j'aurai un grand panier en osier, un foulard dans les  cheveux et une jolie petite robe en broderie anglaise. Lui il serait beau comme un camion dans son petit pantalon en lin blanc. Le chien marcherait à nos côtés avec La Provence dans la gueule. On achèterait plein de légumes colorés qu'auraient pas voyagé plus de 10 km du champs à mon assiette. Pis des melons, parce que le melon, c'est bon.  On ferait une halte au bar du village. A l'ombre des arbres centenaires, on siroterait un martini avant de partir manger nos petits poivrons marseillais dans notre jardin au beau milieu de la garrigue.

Voyez-je-veux-dire?

 

Au lieu de ça, va falloir que je bêche, que je bine, que je sarcle... que sais-je encore... 

[Quand je vois la tronche que tire l'orchidée que mes collègues de bureau ont eu l'inconscience de m'offrir à Noël, moi je vous dis que je ne suis pas prête de les manger mes petits poivrons :-(  ]

 

 

Ps : J'ai bien tenté de louvoyer en faisant remarquer que la terre du jardin ne se prêterait pas à la culture. Il m'a rétorqué aussi sec qu'il irai chercher du fumier chez le voisin.

Je sais pas si vous avez un chien.

Si oui, vous flairez déjà le plan galère.  Ma boulette ne doit pas être la seule à éprouver un plaisir intense à se rouler dans des trucs odorants.

 

 

Note à moi même : Ne JAMAIS dire au coach que le poulet fermier, y'a que ça de vrai...

Jamais, jamais, jamais

01.03.2008

Et pour un chameau de plus j'ai quoi??

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Si pour certains, j'ai l'air sans peur et sans reproche, ben c'est bien, mais c'est pas super vrai.

 

Je peux certes m'attaquer à des trucs qui en feraient frémir certains :  genre avoir le courage l'inconscience d'aller m'enterrer au fin fond d'un bled pluvieux pour jouer au Mako moulage toute seule;  ou le goût de partir sac au dos, seule dans des pays ou l'on parle pas francais (depuis, je sais dire poulet dans plein de langues, c'est épatant...)

[ Quand je fais des trucs comme ça, ca bluffe ma mère à mort. Elle, le bled pluvieux, elle n'accepte d'y passer quelques jours qu'à la condition expresse d'aller manger une crèpe choco-chantilly, tous les soirs. Et bouffer du poulet qui parle pas sa langue, elle en frémit d'horreur]

 

 

 D'un autre côté, il y a des trucs anodins sur lesquels je bloque.  Marchander, négocier, brrrrrr....

 

 Parfaitement.

 

C'est pas que je trouve ca vulgaire! J'adorerais savoir faire ça. C'est juste que je n'ose pas. 

Et quand j'ose, ca me fait autant plaisir que si j'allais voir l'Amicale des Chippendales Amateurs en représentation. 

 

Moi, je veux des belles étiquettes, avec des vrais prix qui bougent pas à la tête du client. Des prix qu'on peut vérifier-qu'ils-sont-bien-écrits, même si c'est en monnaie locale et que je mets 30 minutes à faire la conversion. 

 

Je connais des gens qui arrivent à avoir des ristournes al Campo. Je connais un coach qui négocie le prix du billet du chien dans le train.  Des gens qui font leur marché et repartent avec plein de trucs gratuits.  Moi, même la petite botte de persil ridicule, je la paie.

 

 

Donc maintenant, vous comprenez mieux si je vous dis que la période qui s'annonce me donne envie d'hiberner et plus bouger.  [Genre passer mes journées devant Ugly Betty et Docteur House ca m'irait très bien, voyez-je-veux-dire?]

 

Mon super appart -témoin de tant de suées et de crises de nerfs moments de bonheur et de félicité-, est à point. Je vais le mettre en vente. 

La saison est pile poil la bonne.  (oui, logiquement, même dans mon patelin les beaux jours vont arriver).

 

Et c'est là qu'entre en scène mon pire cauchemard sur patte (à égalité avec le garagiste, mais ca c'est pour une autre note) : l'agent immobilier

 

C'est ça, rigolez. C'est pas drôle une phobie.

 

J'en ai déjà vu 2.

2 dames, tout comme j'aime pas.

La première n'a pas arreté de me parler des "si belles maisons à X millions de la région", de Madame Michu de la rue Romain qui a une si belle collection de porcelaine, de telle demeure qui a tant de cachet...

Ca m'a gonflé. M'en fout qu'elle me récite le bottin pour me montrer qu'elle connait le périmètre. Moi aussi je connais Madame Michu, elle était copine de tricot de ma grand mère, j'en fais pas tout un plat.

Ca m'a encore plus gonflé qu'elle me parle de son amour des grosses baraques alors qu'elle était dans mon 2pièces cuisine.

En plus elle m'a fait une estimation de merde.

 

La deuxième, alors elle, elle a fait fort, elle est rentrée, elle  a dit son chiffre, elle est sortie.

Elle m'aime pas beaucoup la dame.  Bon faut dire que l'année dernière, je me suis interposée entre elle et mon grand père. L'a pas du bien aimer le fait que je lui sucre sa commission.

L'est antipathique au possible, mais l'est compétente ca fait peur.

 

 

Je relativise, c'est moins pire que de se trouver dans une soirée karaoké.  Vi, c'est moins pire...

 

 

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